Pour son troisième album, DEATH ANGEL sort la grosse artillerie. Le groupe est parvenu à éveiller l’intérêt d’un label incontournable de l’époque. Act III bénéficie donc des moyens que GEFFEN va mettre à sa disposition. Le label est en effet persuadé d’avoir déniché la perle Thrash métal qui manquait jusqu’alors à son catalogue hard rock pourtant déjà bien complet (rappelez-vous le label qui signa AEROSMITH, GUNS N’ROSES, TESLA etc.
L’album est donc produit par des pointures à savoir Tom ZUTAUT et George MARINO. Florilège de refrains accrocheurs Act III n’en demeure pas moins un album homogène qui demeure une référence du genre. Bien mieux produit que The Ultra Violence et bien plus homogène que Frolic through the park, Act III est considéré comme le chef d’œuvre du groupe. D’aucun reprocheront à cet album d’avoir perdu le caractère underground du premier album. Ce n’est pas tout à fait faux mais le groupe a gagné en consistance et en personnalité ce qu’il a (un peu) perdu en efficacité. En effet, dés sa sortie l’album est célébré par une presse mondialement unanime qui qualifie ce dernier de disque seul capable de réconcilier les amateurs de heavy metal tous styles confondus. N’en déplaisent à ses détracteurs Act III est bel et bien l’album précurseur d’une scène qui va soudainement ralentir le rythme au profit de la mélodie et ça bien avant le Black album de METALLICA, le Countdown to extinction de MEGADETH, le Force of habbit d’EXODUS etc. Comme l’atteste des compositions telles que Stop ou Stagnant, DEATH ANGEL demeure néanmoins un groupe de Thrash puissant et mélodique. D’ailleurs The Organization n’hésite pas à introduire un break death metal court mais significatif. Il est également impossible de résister à cette ode aux stage diving qu’est Disturbing the peace et son irrésistible cascade de rythmiques hardcore. Marc OSEGUEDA n’aura jamais chanté avec autant de hargne que sur un titre de la trempe de Ex-TC. D’ailleurs c’est certainement ce dernier qui bénéficie le plus du soin apporté à la production. Le groupe s’essaye de nouveau à un exercice de style crossover sur le superbe Discontinued. En effet, passé l’introduction ultra heavy, on se prend à headbanguer sur l’une des plus belles réussites Thrash-fusion de la fin des 80’s début des 90’s qui illustre le formidable travail rythmique du couple basse / batterie respectivement incarné par Dennis PEPPA et Andy GALEON. (on pense aux titres les plus heavy d’un autre album mythique de l’époque à savoir The Real Thing de l’inclassable FAITH NO MORE). GEFFEN oblige ou réelle ambition musicale, on ne le saura jamais vraiment, toujours est-il que le groupe nous propose également deux escapades acoustiques finement ciselées. Une fois de plus, DEATH ANGEL ose ! Veil of deception fait donc figure d’innovation tant dans la discographie du groupe que dans le genre privilégié par ce dernier. Cette première ballade aux lointains accents espagnols est assez surprenante tant elle donne l’impression d’écouter un groupe qui va exploser à tout moment. En vain, en fait, il faut attendre A room with a view, la seconde ballade de l’album et l’une des rares vidéo du groupe ! Finalement si l’on écarte l’introduction de Falling asleep et ses sonorités inspirées par IRON MAIDEN, Act III est incontestablement l’œuvre majeure d’un groupe parvenu à créer une musique qui lui ressemble. Act III, acte créatif , acte majeur…
Des compositions comme Roads mutants, Guilty of innocence et Mind rape s’inscrivent dans la droite lignée du premier album et résument assez bien ce que fut le Thrash métal de la première moitié des 80’s. Fruit de groupes largement influencés par le heavy-metal traditionnel d’essence européenne auquel est injectée une dose supplémentaire de vitesse et de rage héritée du punk apocalyptique à la GBH et/ou KILLING JOKE. L’une des clefs de voûte du groupe,
La dernière oeuvre marquante des DEATH ANGEL fut très certainement le cultissime ACTIII qui marqua à sa manière une certaine évolution du Thrash made in San Fransisco. Si l’on écarte l’aventure THE ORGANISATION (sur laquelle nous reviendrons bien sur ultérieurement), il fallut donc attendre 2002 pour avoir des nouvelles de nos thrashers préférés sans le soutien des frères PEPA (le remarquable Michael ISAIAH occupe le poste de bassiste). Mark OSEGUEDA est quant à lui bel et bien de retour et marque de son organe reconnaissable entre 1000, l’atmosphère si particulière de cet album inclassable. Empruntant autant aux DOORS (My eyes have seen you en guise de douceur finale !), à FISHBONE (le riff tonitruant associé à la basse groovy de Never forget !), à FAITH NO MORE (Dark Western aurait aussi pu être écrit pour Angel dust), BLACK SABBATH (Beyond the end, et surtout Diamond ! Imaginez du funk entre les mains de Tonny IOMMI) Etc. Plus personnelles, des compositions comme Sengir vampire et les très funky Sufferah, tissent une toile entre une guitare qui sait se rappeler les leçons du passé (l’esprit d’un Jimmy PAGE est pour le coup encore bien présent sur de nombreux chorus !) et une atmosphère pesante typique d’une production “métal” du XXIème siècle. Voilà donc un album parfait de bout en bout qui réussit d’une certaine façon là où les NAKED TRUTH échouèrent. Malheureusement passé inaperçu à sa sortie, cet album est indispensable à tous les fans de DEATH ANGEL. Il aura sans doute servi d’échauffement et d’ultime exutoire au philippins qui deux ans après sortirent le formidable The art of dying.
Thrasher émérite et principal compositeur de DEATH ANGEL / THE ORGANISATION, Rob CAVESTANY qui s’est également illustré au sein du groupe de Metal-fusion THE SWARM quand il ne joue tout simplement pas avec son groupe de bluesrock nous revient cette fois-ci avec son propre album solo. Un disque de folk-rock bien à lui (même si Andy GALEON et Gus PEPA sont mis à contribution) où il nous fait découvrir une nouvelle facette de son talent. D’une certaine façon le calme avant la tempête puisque que, le 29 février prochain, sort officiellement Killing season, le nouvel album tant attendu des derniers (vrais) thrashers de San Fransisco…