Méconnu du grand public, MORDRED pourrait être réduite à est une énième formation issue du chaudron de la Bay Area. Si à l’instar d’un DEATH ANGEL et son album Frolic through the park, elle s’appuie sur une base thrash metal qu’elle saupoudre d’éléments en provenance d’autres horizons musicaux, MORDRED ira bien plus loin dans cette démarche.
Paru en 1994, Next room est le dernier et très certainement le plus accessible album enregistré par le groupe. Plus heavy qu’à l’accoutumée, les compositions délaissent quelque peu les éléments thrash et fusion qui définissaient jusqu’alors la musique de MORDRED. Ce dernier suit finalement un mouvement général amorcé par les piliers du thrash américain (DEATH ANGEL – ActIII, EXODUS – Force of habbit, TESTAMENT – Practice what you preach, MEGADETH – Countdown to extinction et METALLICA bien sur avec le fameux black album). Cette évolution coïncide également avec l’arrivée au chant de Paul KIMBALL en remplacement de Scott HOLDERBY. Ce nouveau chanteur partage certaines similitudes avec la nouvelle génération de chanteurs venus du grunge. Il évoque parfois Chris CORNELL ou Chad KROEGER mais a la lourde tâche de succéder au pilier principal du groupe, un compositeur particulièrement créatif dans le domaine de la fusion. Redoutablement heavy, les guitares de James SANGUINETTI et Danny WHITE évoquent souvent le travail d’un MINDFUNK (Lo-cal Hi-fiber, Skid, Acrophobia). Une fois n’est pas coutume, c’est dans leur moments les plus psychédéliques que ces thrashers s’illustrent. In a turn, et l’instrumental The next room over s’appuient effectivement sur des guitares délicieusement 70’s (clins d’oeil à Tony IOMMI et David GILMOUR). A l’instar d’URBAN DANCE SQUAD, DJ Pause intervient en tant que membre à part entière de MORDRED. Discret sur les compositions les plus hard, sa présence apporte une tonalité supplémentaire sur les titres les plus sombres. Next room ne fait pas réellement d’incursion dans le funk traditionnel. The trellis comporte tout au plus une introduction slappée par Paul LIBOON mais l’album propose en contrepartie shut : Un singulier dialogue guitare / saxophone en collaboration avec le ROVA SAXOPHONE QUARTET, le célèbre ensemble free-jazz qui n’hésite pas à intervenir sur ses propres samples ! D’autres invités de marque participent à cet album. Damon RAMIREZ, clavier de FUNGO MUNGO prête son Wurlitzer au très réussi pauper’s wine tandis que l’harmonica de John POPPER intervient sur Murray the mover (tout comme il l’avait déjà fait sur les albums des SPIN DOCTORS de METALLICA et de GOV’T MULE !). Par sa dimension relativement conventionnelle, Next room n’est donc pas l’album le plus caractéristique du talent de MORDRED. Il n’en demeure pas moins l’introduction la plus aisée pour les fans de thrash pur et dur.
Le saviez-vous ?
Paul KIMBALL intervient aujourd’hui au sein de CARELESS HEARTS, une formation de country rock US inspirée par CREEDENCE CLEARWATER REVIVAL, les BYRDS ou le FLYING BURRITO BROTHERS. DJ Pause prête ses platines à MCM & The MONSTER.
Pour en savoir + :
- Blog de Neil Arnold : http://mordredtheband.blogspot.com
- MySpace d’un fan : http://www.myspace.com/mordredmetal
- Forum dédié au groupe : http://bluemordred.proboards21.com/index.cgi
- Le Rova Saxophone Quartet : http://rova.org/aboutrova/
Des compositions comme Roads mutants, Guilty of innocence et Mind rape s’inscrivent dans la droite lignée du premier album et résument assez bien ce que fut le Thrash métal de la première moitié des 80’s. Fruit de groupes largement influencés par le heavy-metal traditionnel d’essence européenne auquel est injectée une dose supplémentaire de vitesse et de rage héritée du punk apocalyptique à la GBH et/ou KILLING JOKE. L’une des clefs de voûte du groupe,
S’il en a l’arrière goût cet album n’est pas tout à fait à ranger aux côtés de groupes de hard US comme DANGEROUS TOYS, VAIN, JUNKYARD, LA GUNS… L’influence de LED ZEPPELIN prédomine tout au long du disque (The Ligth, faith to believe), mais la guitare évoque également tantôt QUEEN (finding my way), tantôt HENDRIX (W.H.Y.B.), tantôt Jeff BECK (No secret). On est ici finalement en présence d’un cousin éloigné des WHITE TRASH (voire parfois de BLACK CROWES psychédéliques). A sa façon, , cet album sorti en 1991, marque la fin d’une décennie largement placée sous l’égide des combos heavy-rock d’Hollywood en s’aventurant discrètement sur des territoires plus originaux. Des titres comme The colorful ones et surtout On my way ne sont pas sans évoquer MORDRED ou THE SWARM (la basse, le saxophone et cette façon de chanter si proche d’un Marc OSEGUEDA !). Vous l’aurez compris LIQUID JESUS ne propose pas un disque de fusion funkmetal au sens le plus répandu du terme mais un mélange envoutant d’influences variées qu’incarne indéniablement un titre comme Feeling flower.