A tout seigneur tout honneur ! La ligne éditoriale (c’est beaucoup dire) de ce blog ne pouvait passer longtemps à côté de cette chronique d’album. La récente actualité de Ritchie KOTZEN, de retour avec cette formation aussi excitante qu’éphémère m’invite donc à lui consacrer ces quelques lignes. Petit retour en arrière donc. Nous sommes en 1994 et la vague dite grunge à tôt fait de réduire en miettes les derniers icônes du hard US. Mercenaire qui fait ses premières armes au sein de l’écurie Shrapnel (le pourvoyeur de shredders made in 80’s / 90’s), le jeune Ritchie KOTZEN a comme fait d’arme, et non des moindres, d’être embauché à l’âge de 21 ans par un POISON alors bien mal en point. Tandis que l’album Native tongue naît de ce mariage improbable, la rumeur veut que Ritchie se fasse surprendre en pleine romance avec l’ex-compagne de Ricky ROCKET (le batteur du groupe californien). Bien mal en prend alors à POISON au bord de la traversée du désert (en est-il sorti aujourd’hui ?) de se séparer de sa jeune recrue. Il y a fort à parier que le travail effectué par Ritchie KOTZEN sur Native tongue lui a donné bien des idées que l’on retrouve finalement un an après sur l’album du MOTHER HEAD’S FAMILY REUNION Ce trio composé autour de Ritchie rend un bien bel hommage à la soul et au rock des 70’s. Non content de nous gratifier de riffs, rythmiques et chorus dont il a le secret, l’ami KOTZEN fait montre d’une voix extraordinaire à mi-chemin d’un David COVERDALE (livin’easy, la ballade Where did our love go, natural thing, soul to soul et le superbe mid-tempo A love divine s’imposent comme les héritiers d’un WHITESNAKE des grands jours – et réussit finalement là où le maître COVERDALE a peut-être échoué en embauchant le surdoué Steve VAI) et d’un Glenn HUGHES avec lequel il partage finalement un univers musical gorgé de soul (A woman & a man, testify et la très belle reprise du Reach Out I’ll be there le tube Motown des FOUR TOPS en son temps repris par Diana ROSS ainsi que notre Claude FRANçOIS national sous le titre J’attendrai), de funk et de grosses guitares comme on les aime. A l’instar d’un BLACK CROWES ou d’un POISON époque Native tongue, Ritchie enrichit son jeu très moderne de sonorités tout droit sorties des 70’s : choeurs, orgue hammond, slide guitare, cabine leslie etc. Merci à la remarquable production de Ritchie ZITO. Le premier album du MOTHER HEAD’S FAMILY REUNION n’en demeure pas moins l’oeuvre d’un des guitaristes les plus aguerris de son temps comme en témoigne les guitares acérées des fabuleux titres que sont socialite (une sorte d’Antisocial version funk metal) cover me, Mother head’s family reunion. Sorti en 1994 chez GEFFEN, le disque n’a sans doute pas bénéficié d’un soutien suffisant de la part d’un label en pleine déconfiture (les gens qui avaient signé AEROSMITH, GUNS N’ROSES, TESLA, DEATH ANGEL…). Hétéroclyte et toujours électrique, Ritchie KOTZEN est aussitôt parti vers d’autres aventures guitaristiques qui le mèneront du côté de Greg HOWE, MISTER BIG, de Stanley CLARKE…mais ça c’est une autre histoire.