(Stevie SALAS + Bootsy COLLINS + Buddy MILES) X Bill LASWELL = HARDWARE : le Band of Gypsys du XXIème siècle !
Je vous l’accorde la comparaison est peut-être un peu forte. Mais à bien y réfléchir, en 1992, Steve SALAS s’offre (et nous offre !) avec HARDWARE rien moins que son BAND OF GYPSYS à lui. Projet parallèle au COLORCODE, il profite du BLACK ARC, le tout récent label fondé par Bill LASWELL pour réunir autour de lui rien moins que feu Buddy MILES le batteur du Voodoo Child et Bootsy COLLINS le bassiste du P-FUNK. Notez au passage les présences de George CLINTON et Bernard FOWLER venus jouer les choristes de luxe sur l’album. Si l’affiche est prometteuse, sur disque le groove ne déçoit pas… Non ! Cette section rythmique tue ! Vous êtes prévenu messieurs les cardiaques. A l’instar d’une composition comme le monstrueux 500 years, Steve SALAS écrit rien moins qu’une page de l’histoire du funk-metal. C’est lourd, poisseux mais toujours incroyablement dansant. Toujours sur le fil du rasoir entre cocottes funky et riffs puissants, le sieur SALAS s’en donne à cœur joie et nous gratifie d’un travail plus homogène qu’à l’accoutumée délaissant pour l’occasion sa monomanie pour tout ce qui ressemble à une pédale d’effet. Ainsi épuré avec l’aide de Bill LASWELL à la production, l’album s’impose comme une inépuisable source d’inspiration en matière de groove guitaristique pour qui souhaite s’initier au genre. Bien sur quelques écarts rappellent l’éclectisme (pour ne pas dire mauvaises manies) du guitariste. Les trois ballades qui agrémentent l’album n’apportent, il est vrai, que peu de valeur ajoutée au disque, nous coupant momentanément et bien malgré nous de l’ambiance si délicieuse de ce dernier. The Wall came down et Tell me s’inscrivent donc dans la plus pure tradition COLORCODE au croisement d’un HENDRIX et d’un PRINCE. Si Love Obsession possède bien la patte romantique de Buddy MILES, cette composition ne brille pas particulièrement par son originalité. S’il y a bien un reproche (et c’est vraiment le seul) à faire à cet album, c’est qu’il aurait encore gagné en efficacité en nous épargnant ces incartades superflues. A l’inverse Got a feelin et 500 years laissent échapper de courts mais rafraichissants breaks zeppelinien, tandis que Leakin nous offre un petit clin d’oeil amusant au répertoire de KISS. Même si un tapping sert d’introduction à shake it (la whammy annonce rien moins que le travail de Tom MORELLO), Le reste de l’album est un concentré pur jus de funk rock comme on n’en écrit plus depuis les 70’s (On notera par exemple la deuxième partie totalement instrumentale du merveilleux Waiting on you). Epauler par la basse de l’extraterrestre qu’est COLLINS, SALAS fait un usage immodéré de la fuzz sur des titres comme Hard look…bon allez, j’arrête là ça fait déjà quatre fois que je me passe l’album en boucle. Si vous ne vous l’êtes pas procuré depuis, je ne peux rien faire pour vous.
Le saviez-vous ?
Voilà comment Bill LASWELL décrivait son label BLACK ARC : “L’arc noir souffle avec vengeance dans la conscience collective de ceux qui embrasseraient la musique, éradiquant les abus faux et transparents du funk avec une fureur juste et transcendante”
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