Dr Funkesteïn présente : VAN HALEN | Diver down

D’une certaine façon Diver down constitue l’album le plus atypique des frères VAN HALEN. Une vraie histoire de famille ce combo. Si Wolfgang, le fils épaule actuellement Papa et Tonton sur leur dernière tournée, ici c’est Jan le Papy, qui sur le titre Big Bad bill (is sweet william now) y va de sa clarinette accompagné d’un inédit Eddy très “hot club de France” pour l’occasion.

Van Halen - Diver downA l’instar de cette composition, ce disque s’écarte sérieusement des fondements heavy-metal du groupe. Certaines mauvaises langues allant même jusqu’à raconter qu’il est détesté par le guitar-hero. A bien y regarder la pochette épurée et colorée parle déjà d’elle même. L’étendard bien connu des amateurs de plongée subaquatique, signale qu’il y a des gars là-dessous. En l’occurrence deux fortes têtes qui vont s’affronter par influences interposées. On retrouve bien sur du rock souvent hard, marque de fabrique du groupe qui met en exergue outre le doigté extraordinaire du guitariste, son talent d’arrangeur et de magicien du son. L’instrumental Cathedral mérite à lui seul l’acquisition de cet album. En guise d’introduction, on lui doit aussi une nouvelle reprise des KINKS (Where have all the good times gone est néanmoins un peu moins rageuse que la phénoménale reprise de You really got me disponible sur le premier album du groupe), Hang ‘em high secoue grâce à son riff atomique tandis que The full bug fait un énième clin d’oeil à ZZTop, trio dont Eddy est fan. Même si ces compositions valent leur pesant de médiators (plectres me diront les intégristes :-) ) ils n’en demeurent pas moins dans la plus pure tradition “van halenienne”. Or comme je vous le disais en introduction, cet album est un petit peu plus que ça. Sans doute sous l’influence de son chanteur, le très charismatique David Lee ROTH, VAN HALEN s’approprie l’une des plus célèbres compositions de Roy ORBISON (Oh) Pretty woman. La passion du chanteur pour la culture chicanos influence indiscutablement le titre Little guitars et sa très belle introduction acoustique. Happy trails, le dernier titre de l’album conclut sur une note A capella écartant (provisoirement) la guitare. Tout un symbole quand on sait que les relations entre Eddy et son frontman se sont réellement dégradées à partir de cet album hybride. Si les deux comparses s’étaient jusqu’alors complétés à perfection, ce disque marque le début d’une division. Eddy s’écarte progressivement du hard rock rageur et démonstratifs des débuts pour s’orienter vers un rock résolument plus FM (écoutez l’élégant Secrets), tandis que David Lee Roth revient à ses premiers amours et lorgne vers un style de rock plus métissé. Un mal ? Non assurément pas lorsque l’on découvre dancing in the streets. Bien avant le duo JAGGER / BOWIE, le groupe américain transcende le titre de MARTHA & THE VANDELLAS. En partie composé par Marvin GAYE, il faut quand même le signaler ! Véritable débauche d’effets psychédéliques au service du titre le plus dansant de l’album, ce titre maque un tournant incontestable dans l’histoire du groupe. Même si elle reste toujours aussi magique, la guitare se met définivement au service des aspirations colorées de David Lee ROTH. 1984 l’album suivant verra Eddy reprendre le groupe en main mais ça c’est une autre histoire.

Pour découvrir Dancing in the streets

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